Le Chasseur Français, décembre 2007

Remarquons d’abord qu’une loi sur les OGM ne concernerait en fait que les plantes génétiquement modifiées(PGM), les autres OGM (animaux pour la recherche, micro-organismes pour l’industrie), qui sont séquestrés au laboratoire ou en fermenteurs, faisant l’objet d’une réglementation satisfaisante. Notons aussi que l’Europe ne permet l’autonomie de chaque pays que sur certains aspects : une loi française ne peut concerner que les cultures de PGM (pas leur commerce) et ne peut prétendre préserver que la santé humaine ou l’environnement (pas les conséquences économiques et sociales, que beaucoup considèrent comme étant les plus redoutables) (1).

Dans ce champ, considérablement réduit, une loi française sur les PGM devrait au moins faire respecter deux libertés ancestrales :
• le droit du paysan à ressemer une partie de sa récolte, ce qui s’oppose aux brevets sur les semences. Or, ce privilège des multinationales du transgénique (aucune plante « classique »ne peut-être brevetée) est la raison même de leur acharnement pour imposer partout une technologie qui ne présente aucun intérêt pour les consommateurs…
• le droit des paysans et des citoyens de produire et consommer des aliments exempts d’OGM. Pour cela, il faudrait en finir avec le mythe de la « coexistence » possible entre PGM et autres plantes, mythe auquel plus personne ne croît. Puisque la contamination de toutes les cultures (et donc leur dépendance du droit des brevets…) est la rançon inévitable des PGM, le maintien des cultures traditionnelles (et plus encore biologiques) passe par l’interdiction des cultures en champ des PGM.

On ne peut donc attendre d’une loi effective que l’interdiction de la culture des PGM en dehors des espaces réservés à la recherche.

(1) voir mon livre « le vélo, le mur et le citoyen », Ed Belin, 2006